La différence entre l’outil et l’obstacle

On parle souvent du fauteuil roulant comme d’une limitation. Moi, je pense de plus en plus à la différence entre l’outil et l’obstacle.
Mon fauteuil me permet de me déplacer, il me donne de l'autonomie : sortir, voyager, travailler, vivre. Mais une marche, ça m'arrête. Une porte trop lourde, ça m'arrête. Une salle de bain mal pensée peut me voler une partie de mon autonomie.
Pis c'est une distinction qui compte, parce qu'on finit parfois par mettre sur le dos du handicap des problèmes qui appartiennent en réalité à l'environnement.
Imagine quelqu'un qui peut pas entrer dans un bâtiment à cause de trois marches. C'est vraiment son corps le problème, ou c'est le bâtiment qui a pas été pensé pour elle? La question a l'air simple, mais elle change complètement notre façon de voir l'accessibilité.
L'accessibilité devrait pas être une faveur ajoutée à la fin d'un projet, mais quelque chose d'intégré dès le départ. Parce que quand on conçoit pour une plus grande diversité de personnes, on découvre souvent que tout le monde en profite : une porte automatique, une salle de bain plus fonctionnelle, une interface plus simple, une voiture plus facile d'accès, un sentier mieux pensé. L'adaptation peut partir du handicap, mais elle finit souvent par améliorer la vie de tout le monde.