Je ne suis pas “la fille en fauteuil”

Quand quelqu’un me voit pour la première fois, il voit probablement mon fauteuil avant de voir qui je suis. C’est normal. C’est visible. Mais ce n’est qu’une petite partie de mon histoire.
Il voit pas tout de suite la femme qui aime l'aventure, la mère, la curieuse qui peut passer des heures à réfléchir à une idée, celle qui peut être extrêmement déterminée… pis parfois extrêmement têtue, celle qui aime comprendre comment les choses marchent, celle qui rêve de créer des projets plus grands que sa propre histoire.
Le fauteuil raconte quelque chose, mais il raconte pas tout. Pis c'est probablement vrai pour tout le monde : on est tous plus complexes que la première chose que les autres remarquent chez nous. Une apparence, un métier, un âge, une erreur, une réussite, une étiquette.
Le problème commence lorsqu’on transforme un détail en identité complète.
Je ne suis pas « la fille en fauteuil ». Je suis une femme qui utilise un fauteuil. La nuance a l'air minuscule. Elle l'est pas. Parce que dans la première phrase, le fauteuil devient le personnage principal. Dans la deuxième, il redevient ce qu’il devrait être: Un outil parmi d’autres dans une vie beaucoup plus grande.